Marques et politique

Quand les petites phrases des hommes politiques deviennent des marques. La politique inspire régulièrement les déposants de marques, en France comme à l’étranger. Les « petites phrases » de nos « grands hommes » sont souvent fortement médiatisées et débattues. Certaines personnes y voient l’occasion de lancer une campagne de communication, et déposent ces expressions à l’INPI.

De la petite phrase politique à l’INPI : un phénomène déjà ancien

Il semblerait que le phénomène ait débuté en France avec le fameux « Casse-toi, pauv’con ! » prononcé par Nicolas Sarkozy, lors de sa visite officielle au Salon de l’agriculture en 2008. Quelques heures après la diffusion de cette phrase, de nombreux noms de domaine « cassetoipauvrecon » étaient réservés. Quelques jours plus tard, une marque est déposée auprès de l’INPI. Deux autres marques suivront dans les mois suivants. La petite phrase du Président de l’époque va même conduire à la création d’un jeu de société.

Il arrive également que l’auteur de la petite phrase dépose lui-même la marque. C’est le cas de Thomas Thévenoud, ancien secrétaire d’Etat, obligé de démissionner après que ses démêlés avec le fisc aient été rendus publics. Pour sa défense, Thomas Thévenoud invoque une « phobie administrative », l’empêchant de déclarer et régler ses impôts. La phobie ne devait pas concerner les formulaires de l’INPI, puisque l’ancien secrétaire d’Etat a procédé au dépôt de la marque en décembre 2014.

Les petites phrases d’Emmanuel Macron inspirent les déposants

Depuis son élection, le Président de la République a multiplié les sorties médiatiques, et nombre de ses « petites phrases » ont fait parler d’elles. Il existe même une carte de France selon Macron, regroupant un certain nombre de ces expressions – souvent désobligeantes.

Certaines phrases ont d’ailleurs été déposées à l’INPI. On retrouve ainsi 2 marques « Mafia Bretonne » déposées fin juin et début juillet 2018. On peut ainsi acheter des tee-shirts affichant l’expression présidentielle, en guise de souvenirs de vacances dans l’Ouest de la France.

Plus récemment, les « Gaulois Réfractaires » ont connu un grand succès. On compte 3 dépôts de marques sur le mois de septembre.

D’autres utilisent les petites phrases du Président comme argument commercial, sans passer par un dépôt. C’est le cas de la boutique de l’Enlysée, qui propose de nombreux produits dérivés reprenant les expressions présidentielles « sans dépenser un pognon de dingue ». Cette parodie de la boutique officielle de l’Elysée soutient en outre de bonnes causes, en reversant ses bénéfices à des associations de sans-abris.

La politique étrangère n’est pas en reste

Si les phrases du président français ont motivé le dépôt de plusieurs marques, celui qui inspire le plus de déposant reste Donald Trump Jr. Le président des Etats-Unis, spécialiste des tweets polémiques, a en effet été à l’origine de plusieurs marques. Nous avions déjà raconté la course aux marques TRUMP lors de son élection, ou le détournement de son image par un artiste anglais pour créer Grabba the Trump. En Espagne également, on retrouve des détournements : la marque PIG DEMONT qui n’avait pas fait rire l’ancien leader catalan.

Ainsi, dans de nombreux pays, les citoyens vont reprendre le nom ou l’image de leurs politiques, afin de faire rire (et sans doute de mieux supporter les années suivantes). Si en plus, on peut gagner de l’argent avec ces détournements, pourquoi se priver ?

Pour en savoir plus sur la procédure de dépôt de marque, consultez notre guide.